Portrait de moine par Hugo Van der Goes. Ce portrait nous montre l'aspect des compagnons du peintre pendant les dernières années de sa vie. (Metropolitan Museum of Art, New York).

Jusqu'au XVIIe siècle, il y avait deux catégories de religieux au prieuré de Rouge-Cloître : les chanoines et les frères convers. La vie des chanoines était réglée suivant un horaire très strict et chacun travaillait sous la direction du prieur. Ils ne participaient que rarement aux travaux matériels qui étaient assumés par les frères convers (brasserie, moulin, entretien des bâtiments, pêche, exploitation agricole et accueil des visiteurs).

Grâce à la puissante protection de nos souverains, Rouge-Cloître atteignit le sommet de sa splendeur matérielle sous le règne de Charles Quint, qui, déjà en 1513, fit un don en vue de la construction d'une nouvelle église et en 1535 construisit la Maison de Savoie, appelée ainsi parce qu'un duc de Savoie fut le premier à y loger. Elle hébergeait le réfectoire et les appartements des hôtes de passage. On en voit une illustration sur une des 12 tapisseries réalisées aux environs de 1540 qui représentent les "Chasses de Maximilien". Actuellement, ces oeuvres peuvent être admirées au Musée du Louvre.

Cette paix bénie ne fut pas de longue durée. La montée du luthéranisme contraignit les religieux à s'exiler dans leur refuge de la rue des Alexiens à Bruxelles de 1581 à 1607, après que le couvent fut pillé par les hérétiques en 1572. Dès cette époque, le déclin de la communauté devint de plus en plus marqué. La fin du XVIIe siècle fut marquée par des crises internes qui affaiblirent fortement le niveau spirituel d'antan. D'importantes transformations, entreprises vraisemblablement entre 1670 et 1680 par le prieur mégalomane Gilles de Roy, faillirent mener le couvent à la ruine. De plus, les lourdes contributions imposées par les pouvoirs publics au milieu du XVIIIe siècle réduisirent le patrimoine du couvent.

Une fois la période des désordres terminée, la vie courante repris au Rouge-Cloître. Les religieux, de retour à Auderghem après 30 ans d'exil, restaurèrent les bâtiments délabrés et renforcèrent leur action pour la défense de l'idéal de Windesheim. Le prieuré fut reconstruit et développé aux XVIIe et XVIIIe siècles pour lui donner son aspect définitif. Ce monastère comptait parmi les plus prestigieux des Pays-Bas. Des personnages célèbres y séjournèrent, notamment les archiducs Albert et Isabelle.

Sources: A. MAES, Rouge-Cloître, Rood Klooster, plaquette publiée par la commune d'Auderghem et "Les prieurés de Val-Duchesse et de Rouge-Cloître. Conseil de Défense des sites historiques d'Auderghem", 1964.