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Renoir travailla au "Déjeuner des Canotiers", d'avril à juillet 1881. Il a réuni, sur la terrasse de l'Auberge du Père Fournaise, tous ses amis et modèles pour participer à cette grande oeuvre.

La toile mesure 130 x 173 cm. Au premier plan, à gauche, Aline joue avec son petit chien. Derrière elle se tient Hippolyte Alphonse Fournaise, le fils du propriétaire de l'auberge. Accoudée à la rambarde, Alphonsine Fournaise, sa soeur, écoute le Baron Raoul Barbier assis dos tourné. Ce dernier, ancien officier de cavalerie, avait la réputation d'être un amateur de canots, de chevaux... et de jeunes femmes.

Au premier plan, à droite, se trouve le peintre Gustave Caillebotte, régatier, architecte naval ... et millionnaire, premier mécène des impressionnistes. Assis à califourchon sur une chaise, il écoute discrètement l'actrice Ellen André tandis que Maggiolo, directeur du journal "Le Triboulet " se penche vers elle.

   Derrière eux, le petit groupe est formé du journaliste Paul Lhote avec un pince-nez, d'Eugène-Pierre Lestringuez et de l'actrice de la Comédie Française Jeanne Samary.

Au centre, le modèle Angèle boit, assise à côté d'un homme dont on aperçoit juste le profil. Le cinéaste Jean Pierre Jeunet fera d'Angèle l'héroïne de référence du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Quant au jeune homme, l'inconnu du tableau dont on ne découvre que le visage, on raconte qu'il pourrait s'agir de Renoir qui se serait planté là pour éviter une composition à treize personnages qui aurait rappelé "La Cène".  Derrière Angèle se tient le financier Ephrussi coiffé d'un chapeau haut de forme. Editeur de La Gazette des Beaux-Arts, il converse avec le poète Jules Laforgue. En arrière plan, au travers des saules miroite la Seine sur laquelle passent des voiliers.

L'ambiance est heureuse et sereine. Pourtant, Renoir dont la situation financière de l'époque n'était pas brillante, ne savait pas, lorsqu'il commença cette oeuvre majeure, s'il pourrait la terminer. Le Déjeuner des Canotiers fait aujourd'hui partie de la célèbre collection Duncan Philipps conservée à Washington. Dans son carnet de voyage, le collectionneur notera à propos de cette toile : « l'oeuvre de Renoir est débordante d'une bonne humeur contagieuse ».